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Paris, le 8 aout 2006

Appel de la Plate-forme non-gouvernementale euromed à l’Union européenne et aux partenaires euro-méditerranéens

La Plate-forme non-gouvernementale euro-méditerranéenne, qui réunit 120 organisations de la société civile indépendante, aux niveaux international, euromed, national et local, exprime sa plus vive condamnation des attaques injustifiées, injustes et intolérables que subissent les civils au Liban, à Gaza et en Israël. Plus de quatre semaines se sont écoulées depuis le début des attaques. Au Liban, plus de 950 personnes ont été tuées et plus de 3700 ont été blessées. Près d’un million de personnes ont dû fuir leur domicile et sont aujourd’hui déplacées. La crise humanitaire incommensurable s’aggrave chaque jour, du fait que les convois humanitaires sont empêchés d’atteindre les populations touchées. La situation dans les hôpitaux et autres services d’urgence devient extrêmement grave. Dans le même temps, à Gaza, l’armée israélienne prend chaque jour pour cible des civils et des infrastructures civiles, empêchant la population de vivre dans la plus élémentaire dignité. Et le gouvernement israélien continue d’arrêter et de détenir illégalement des membres démocratiquement élus des institutions palestiniennes. Au-delà de la crise humanitaire, les perspectives d’un développement durable à long terme dans la région sont sérieusement diminuées. Le coût estimé des destructions au Liban atteint près de 3,5 milliards d’euros et les infrastructures publiques sont très fortement endommagées, voire totalement détruites. La plupart des infrastructures détruites avaient été financées par l’Aide au développement de l’Union européenne dans le cadre du Partenariat euro-méditerranéen. La destruction d’ordre écologique et culturel est incommensurable. Les pertes immenses parmi les civils ne sont pas des effets collatéraux du conflit entre Israël et le Hezbollah. Elles témoignent d’une volonté délibérée de punir collectivement tout un peuple. L’absence de discernement dans les frappes, leur ampleur et leur férocité constituent une violation particulièrement grave des Conventions de Genève, qui interdit explicitement toute punition collective. La Plate-forme non-gouvernementale euro-méditerranéenne met en lumière les effets dévastateurs de cette situation pour l’ensemble de la région euro-méditerranéenne. Dénier aux peuples palestinien et libanais leurs droits conduit à renforcer les pouvoirs et régimes non démocratiques dans la région et amène les populations à conclure que le droit n’est pas le même pour tout le monde. Cet état de faits entrave lourdement le processus de paix et la promotion des droits de l’homme, la démocratie et le développement durable. Il encourage une escalade vers les pires formes de violence. Le fait que des civils israéliens soient en permanence pris pour cible est, de même, inacceptable au regard des Conventions de Genève et n’est en aucune manière justifiable. Fondée sur les principes du droit international et du droit humanitaire, la Plate-forme condamne avec insistance toutes les attaques menées contre les populations civiles au Liban, à Gaza et en Israël en tant qu’elles constituent des crimes de guerre, et appelle toutes les parties au respect des Conventions de Genève. Durant tout ce temps, la communauté internationale se contente de quelques actions diplomatiques bien insuffisantes, et qui se révèlent incapables de mettre fin aux attaques, aux destructions, à l’occupation.

La Plate-forme non-gouvernementale euro-méditerranéenne tient à relever et à saluer les prises de position du Président du Parlement européen, la déclaration des groupes politiques du Parlement européen en date du 1er août et la déclaration du Bureau de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne du 8 août. Nous appelons le Conseil de l’Union européenne, la Commission européenne, les gouvernements euro-méditerranéens ainsi que les parlements de la région à : Condamner clairement les attaques dont sont victimes les civils ainsi que les destructions arbitraires d’infrastructures au Liban et à Gaza ; Exiger un cessez-le-feu immédiat ; Exiger le retrait des troupes israéliennes d’occupation au-delà de la frontière internationalement reconnue, la sécurité de part et d’autre de cette ligne devant être garantie par une force internationale de maintien de la paix sous autorité des Nations Unies ; Soutenir et encourager la pleine souveraineté du Liban sur son propre territoire ; Mettre en place de toute urgence un embargo sur les armes à destination de toutes les parties impliquées dans la guerre ; Exiger la libération de tous les prisonniers israéliens, libanais, palestiniens détenus arbitrairement ; Exiger d’Israël une compensation économique pour la destruction des infrastructures tant au Liban qu’à Gaza ; Organiser de toute urgence une conférence internationale pour la reconstruction du Liban ; . Envoyer sans délai une commission impartiale et compétente, chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme et, en particulier, sur l’utilisation d’armes non conventionnelles, si celle-ci se confirme. La Plate-forme non-gouvernementale euro-méditerranéenne rappelle aux Etats membres de l’Union européenne qu’ils sont tenus par la Charte des Nations Unies et par les Conventions de Genève de se conformer au droit international et humanitaire et de veiller à son respect. De plus, l’Union européenne s’est engagée (art.11 du Traité de l’Union européenne) à promouvoir les droits de l’homme dans les pays tiers. La Plate-forme non-gouvernementale euro-méditerranéenne rappelle également aux membres de l’Union européenne qu’ils partagent avec les pays du Sud méditerranéen (dont le Liban, l’Autorité palestinienne et Israël), en tant que signataires de la Déclaration de Barcelone, une responsabilité commune dans la mise en œuvre de la paix, de la stabilité et de la prospérité dans la région. Nous demandons ainsi que l’Union européenne prenne des mesures concrètes dans le cadre de ses relations bilatérales avec Israël, le comportement de l’Etat israélien étant tel qu’il pourrait justifier une suspension de l’accord d’association actuellement en vigueur. Nous demandons ainsi que l’Union européenne soutienne nos demandes dans le cadre du Partenariat euro-méditerranéen et du Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous en appelons enfin à la responsabilité de la société civile euro-méditerranéenne et internationale et demandons à tous les citoyens de rejoindre les mouvements de mobilisation et de protestation pacifiques, en particulier ceux prévus à l’échelle internationale et européenne le samedi 12 août. 9 August 2006

Information Une délégation de la Plate-forme non-gouvernementale euromed arrivera au Liban le 11 août 2006.

Mourad ALLAL Coordinateur general

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